C’est en présence du Vice-Président du Gouvernement, Hermann IMMONGAULT que le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Chargé des Droits Humains, Augustin EMANE, a procédé à la cérémonie d’ouverture des audiences correctionnelles foraines, le mercredi, 10 juin 2026 à la Prison centrale de Libreville. A cette occasion, le Tribunal Présidé par Jean Gaël DOUMBENENY, a appelé au rôle les 20 premières affaires sur les 40 dossiers retenus pour la première phase des audiences qui prendront fin le jeudi, 11 juin.

A travers cette initiative d’envergure, fruit de la coopération agissante et pragmatique avec le Programme des Nations Unies (PNUD) sous la supervision de Rokya YE-DIENG, Représentante Résidente du PNUD dans le cadre du projet « Promouvoir un secteur de la justice responsable, efficace et inclusif au Gabon », le Gouvernement répond à une exigence d’efficacité et de régularisation, qui permettront d’examiner la situation juridique de quarante (40) détenus préventifs afin que le droit soit dit dans un délai raisonnable, conformément à la loi en vigueur en République Gabonaise.
L’organisation des audiences correctionnelles foraines spéciales dans l’enceinte de la maison d’arrêt de Libreville, revêt d’un impératif fondamental au regard de ce qu’il vise, entre autres, la protection de la dignité humaine et la préservation des libertés individuelles au sein du système judiciaire gabonais. Il s’agit d’un engagement fort en faveur des droits humains, qui vise à briser l’isolement carcéral et à veiller à ce que nul ne soit oublié par la loi, a indiqué le Ministre de la Justice lors de l’allocution d’ouverture.

Il a rappelé que le déplacement du Tribunal hors de son cadre habituel, traduit de manière concrète la vision du Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement, Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, de rapprocher la justice des citoyens et de garantir à chaque justiciable, où qu’il se trouve, une réponse judiciaire rapide, transparente et équitable.
En s’appuyant sur les réalités qui témoignent de la surpopulation carcérale dans les prisons que compte le pays ; il a indiqué le défi majeur auquel les centres de détention font face. De nombreux compatriotes subissent le poids d’une détention anormalement prolongée, qui pèse sur l’administration pénitentiaire, fragilise les familles et contredit l’ambition collective de bâtir un véritable état de droit, a-t-il reconnu.

Un hommage particulier a été rendu au Commandant en Chef ainsi qu’à l’ensemble des personnels de la Sécurité pénitentiaire, pour la rigueur, le professionnalisme et le dévouement exceptionnel dans la gestion logistique et sécuritaire de l’accueil des audiences correctionnelles foraines spéciales au sein de la détention.
Le Barreau du Gabon ainsi que les 10 Avocats mobilisés pour les audiences à l’occasion desquelles ils prêtent leurs voix et leurs expertises pour garantir l’équilibre des débats face à l’accusation, a été salué. Il en va des Magistrats et des Greffiers.

Les parties ont assisté aux toutes premières audiences de la journée, sous la conduite du Président du Tribunal de Première Instance de Libreville. Dans l’affaire Owélé Mendy Jean Enock, poursuivi pour délit de vol aggravé en 2024, le Ministère public a requis la peine de 2 ans de prison et 200.000 FCFA d’amende.
La défense, représentée par Me Bouguikouma, est revenu sur l’importance pour la société d’encadrer la jeunesse victime des réalités d’ordre existentiel plutôt que de s’inscrire systématiquement dans la répression. Il a été relaxé, le temps mis en prison dans le cadre de la détention préventive ayant dépassé la peine requise par le Ministère public.