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Conseil supérieur de la magistrature : L’urgence de « peines alternatives à l’emprisonnement »

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Au cours du conseil supérieur de la magistrature tenu le 4 août à Libreville, la ministre de la justice, Erlyne Antonela Ndembet-Damas a identifié les chantiers urgents dans le secteur de la justice, dont celui d’une politique pénale qui définit les peines alternatives à l’emprisonnement, indique le communiqué final du Conseil supérieur de la Magistrature. 

« Parmi les chantiers qui paraissent urgents et nécessaires, il y a d’abord la définition d’une véritable politique pénale qui définit les peines alternatives à l’emprisonnement », indique le communiqué final du conseil supérieur de la magistrature.  

En effet, si en droit la liberté est la règle la privation de liberté, l’exception au Gabon, plusieurs personnes croupissent encore en prison pour des délits même mineurs. Une situation qui aggraverait les mauvaises conditions de vie en milieu carcéral où règne la surpopulation carcérale. Le taux d’incarcération du Gabon est en effet l’un des plus élevés d’Afrique selon des spécialistes. 

Selon l’AGP, la perte ou le non suivi de dossiers, la délivrance systématique de mandats de dépôt, la durée excessive de la détention préventive sont entre autres à l’origine du nombre particulièrement élevé de détenus. Construite pour 300 personnes il y a plus d’un demi-siècle, la prison centrale de Libreville compte plus de 3 000 prisonniers selon les associations des droits de l’homme.  

La situation observable dans la plupart des prisons du pays, conduit régulièrement les autorités à faire usage de la grâce présidentielle pour désengorger les prisons gabonaises. En avril 2020, le pays avait procédé à la libération de plus de 680 prisonniers, nationaux et expatriés, dont les peines restant à purger étaient inférieures à six mois, en raison de la lutte contre la covid-19 et en application des recommandations du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme. 

La ministre de la Justice a reconnu, au cours de ce conseil supérieur de la magistrature, que d’importantes réformes restent à mener pour renforcer l’indépendance et la crédibilité du système judiciaire gabonais et restaurer la confiance des concitoyens. 

L’amélioration des conditions de travail des magistrats au sein des juridictions, notamment à l’intérieur du pays et la fin des recrutements des magistrats depuis bientôt trois ans sont aussi affichés au tableau des urgences. 

La ministre de la justice a souligné, en dépit des difficultés budgétaires, la nécessité d’envisager le recrutement de nouvelles promotions de magistrats, indique l’AGP. 

 

Publié le : 05 / 08 / 2020


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